Intelligence artificielle, chance ou danger ? Bâtir l’avenir sans trahir le vivant

Publié le par Nicolas Duquerroy

Intelligence artificielle, chance ou danger
Intelligence artificielle, entre l’ombre et la lumière, l’IA, chance ou danger pour notre société ?

Depuis plusieurs mois, l’intelligence artificielle fait beaucoup parler. Depuis son apparition jusqu’à aujourd’hui, elle a été mise sur un piédestal par certains et critiquée par d’autres. Mais il faut bien le reconnaître, elle a déjà un impact concret, social et écologique, sur notre monde.

Cela ne vous rappelle rien ? Si l’on prend un peu de recul, cette révolution ressemble étrangement à une autre, celle de l’industrialisation du XIXe siècle.
À cette époque, nos campagnes Françaises se sont vidées à grande vitesse. Des bourgs sont devenus des villages fantômes, les petites fermes familiales ont disparu face à la mécanisation, et l’agriculture a perdu son visage humain. Les métayers ont quitté les champs pour les usines, attirés par un salaire plus régulier, par des tâches moins épuisantes et par plus de liberté.

Le progrès n’a de sens que s’il éclaire l’humain et la Terre

Les grandes sociétés automatisées ont écrasé les petites structures familiales qui n’avaient ni les moyens ni les forces d’investir. Et avec les machines, moins de bras ont été nécessaires. À court terme, c’était du rendement, à long terme, ce fut du chômage. Et que dire de la surproduction qui s’est installée, avec ses conséquences écologiques désastreuses ? Cette logique a poussé à la surconsommation et transformé notre rapport au vivant. Les animaux, autrefois "respectés" dans la ferme, sont devenus des marchandises. On a oublié qu’ils ont, comme nous, une sensibilité, une âme, et qu’ils ressentent la souffrance.
Tout cela n’a pas seulement été la faute du progrès, mais aussi d’une politique trop passive, qui a regardé le train passer sans agir.

Aujourd’hui, l’histoire se répète

Avec le développement de l’intelligence artificielle, notre société est en train de changer une nouvelle fois de visage, de prendre une direction inédite et de se confronter à de nouveaux dilemmes. L’intelligence artificielle peut être un formidable outil, mais elle peut aussi accentuer les inégalités et abîmer encore davantage notre planète. C’est pourquoi nous devons apprendre des erreurs du passé.
Il est temps de tenir les commandes, de fixer des règles claires, et de mettre l’humain et la Terre au centre. Nous ne pouvons pas nous permettre, une nouvelle fois, de manquer le train du changement.

Plutôt que de subir, nous devons apprendre à encadrer. Si l’intelligence artificielle détruit des emplois, il serait juste que les entreprises continuent à contribuer au financement de notre modèle social. Je pense qu’une entreprise qui supprime un emploi humain pour le remplacer par une machine ou un programme doit continuer à contribuer au bien commun. Les cotisations patronales ne sont pas une punition, elles permettent de financer nos retraites, nos hôpitaux, mais aussi d'apporter une aide aux plus fragiles.
Elle évite que les fractures sociales deviennent béantes.
Prenons un exemple simple. Un supermarché dispose de dix caisses avec dix caissières. Si demain cinq de ces caisses sont remplacées par des bornes automatiques, l’entreprise devrait être tenue de payer l’équivalent des cotisations de ces cinq emplois disparus.
Encore une fois, ce n’est pas une punition. C’est du bon sens. Si nous voulons maintenir ce modèle social unique et solidaire, nous devons exiger que le progrès continue à soutenir l’édifice commun.

L’écologie, l’autre grand enjeu de l’intelligence artificielle

On oublie trop souvent que l’intelligence artificielle, derrière son apparence immatérielle, a une empreinte écologique lourde et bien réelle. Entre consommation massive d’énergie, centres de données gourmands en eau, pollution numérique croissante, l'intelligence artificielle a un impact écologique terrible. Les entreprises qui adoptent l’IA devraient être obligées à compenser cet impact. Cela pourrait passer par des mesures simples, concrètes et de bon sens.

Par exemple, elles pourraient être obligées de transformer les parkings bétonnés en espaces enherbés et arborés, qui apportent fraîcheur et biodiversité. Les entreprises aimant des restaurations d'entreprise devraient être dans l'obligation de proposer des repas uniquement bio, locaux et végétaliens. Nous pourrions également obliger ces entreprises à adopter des pratiques de nettoyage et d’entretien respectueuses de l’environnement, mais aussi à investir dans des projets de reforestation ou de protection des écosystèmes.

Il est également essentiel de protéger nos entreprises françaises face à la concurrence déloyale des sociétés qui produisent à l’étranger, sans être soumises aux mêmes exigences que les nôtres. C’est pourquoi il serait pertinent de mettre en place une "taxe technologique" sur les produits et services issus de l’intelligence artificielle ou de la robotisation hors de nos frontières, lorsqu’ils ne respectent pas les mêmes standards de production et de qualité.

Encore une fois, toutes ses propositions ne doivent pas être vues comme des punitions, car n'oublions jamais que l'homme n’est pas condamné à subir le monde. Il a la responsabilité de bâtir, de polir la pierre brute, et d’inscrire son action dans un édifice commun.

À mes yeux, l’intelligence artificielle est une avancée technologique fascinante, porteuse de promesses extraordinaires dans le domaine de la santé, mais aussi une chance unique pour libérer l’humain de certaines tâches répétitives. Cependant, elle ne doit en aucun cas devenir une nouvelle forme d’industrialisation sauvage. Nous avons aujourd’hui l’opportunité d’écrire une page différente de notre histoire mondiale, une page où le progrès s’allie à la justice sociale, à l’écologie et au respect du vivant.
Nous ne pouvons pas, une fois encore, regarder le train passer. Cette fois, il nous appartient de monter à bord, pour que l’intelligence artificielle serve l’humanité, et non l’inverse.

Pour moi, le progrès n’a de valeur que s’il respecte l’humain, la Terre et le vivant. C’est pourquoi je garde toujours en mémoire les paroles de Serge Toussaint, Grand Maître de la Grande Loge de l’Ordre de la Rose-Croix, dans sa Réflexion sur l’écologie : "L’écologie fait partie intégrante du mysticisme, car on ne peut s’intéresser aux mystères de la vie sans se préoccuper du devenir de la Terre. Elle est non seulement une expression admirable des lois divines, mais également la Mère de tous les hommes. À ce titre, elle mérite notre plus grand respect."

Ces mots traduisent exactement ma conviction pour un avenir tourné vers le respect du vivant et l’harmonie entre l’homme et la Terre.

Et vous, que pensez-vous de l’intelligence artificielle, véritable chance ou réel danger pour notre société ? Croyez-vous aux promesses qu’elle nous fait ? Et surtout, êtes-vous pour ou contre le maintien des cotisations patronales pour les entreprises qui remplacent l’humain par la machine ?

Nicolas Duquerroy :.

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